L’inflammation de bas grade, aussi appelée inflammation chronique de faible intensité, est un processus physiopathologique discret mais persistant, impliqué dans de nombreuses maladies modernes. Contrairement à l’inflammation aiguë, qui est une réponse immédiate et visible à une agression (infection, blessure), l’inflammation de bas grade s’installe progressivement et agit de manière insidieuse. Elle va favoriser des déséquilibres métaboliques et immunitaires sur le long terme. C’est la raison pour laquelle il faut l’éviter au maximum.
L’inflammation de bas grade est caractérisée par une activation légère mais continue du système immunitaire, avec une production excessive de cytokines pro-inflammatoires telles que l’interleukine-6 (IL-6), le facteur de nécrose tumorale alpha (TNF-α) et la protéine C-réactive (CRP). Ces médiateurs, normalement impliqués dans la régulation de l’immunité, deviennent délétères lorsqu’ils sont produits en excès et sur une période prolongée.
Les principaux acteurs de cette inflammation persistante sont :
Plusieurs facteurs contribuent au maintien de cet état inflammatoire chronique :
Le microbiote intestinal joue un rôle clé dans la régulation immunitaire. Une altération de sa composition, appelée dysbiose, induit une perméabilité intestinale accrue, favorisant le passage de toxines bactériennes (LPS – lipopolysaccharides) dans la circulation sanguine, ce qui active la réponse inflammatoire.
Le tissu adipeux viscéral, en excès, est un acteur central de l’inflammation de bas grade. Les adipocytes hypertrophiés sécrètent des adipokines pro-inflammatoires, notamment la leptine et la résistine, tandis que la sécrétion d’adiponectine, une molécule anti-inflammatoire, est réduite.
Le stress active l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien et induit une sécrétion excessive de cortisol. À long terme, cette dérégulation entraîne une résistance au cortisol et une augmentation des médiateurs inflammatoires.
L’inactivité favorise une faible circulation des cytokines anti-inflammatoires produites par les muscles (myokines), contribuant à l’installation d’un état pro-inflammatoire.
Les perturbateurs endocriniens, les pesticides et les microparticules de pollution favorisent l’activation chronique du système immunitaire, ce qui entraîne une inflammation persistante.
L’inflammation de bas grade est impliquée dans de nombreuses pathologies modernes :
L’inflammation de bas grade est donc un phénomène silencieux mais omniprésent, influencé par notre mode de vie et notre alimentation. Si elle passe souvent inaperçue, elle joue un rôle majeur dans le développement des maladies chroniques modernes. A ce titre, elle mérite d’être mise en évidence et traitée !
Une anamnèse complète, un bilan sanguin ou une impédancemétrie permettront de poser un diagnostic. Une approche thérapeutique globale intégrant une alimentation équilibrée, une éventuelle correction par la prise de compléments adaptés, une activité physique régulière et une bonne gestion du stress est indispensable pour atténuer cet état inflammatoire et préserver la santé sur le long terme.