L’inflammation de bas grade, aussi appelée inflammation chronique de faible intensité, est un processus physiopathologique discret mais persistant, impliqué dans de nombreuses maladies modernes. Contrairement à l’inflammation aiguë, qui est une réponse immédiate et visible à une agression (infection, blessure), l’inflammation de bas grade s’installe progressivement et agit de manière insidieuse. Elle va favoriser des déséquilibres métaboliques et immunitaires sur le long terme. C’est la raison pour laquelle il faut l’éviter au maximum.


Mécanismes biologiques de l’inflammation de bas grade

L’inflammation de bas grade est caractérisée par une activation légère mais continue du système immunitaire, avec une production excessive de cytokines pro-inflammatoires telles que l’interleukine-6 (IL-6), le facteur de nécrose tumorale alpha (TNF-α) et la protéine C-réactive (CRP). Ces médiateurs, normalement impliqués dans la régulation de l’immunité, deviennent délétères lorsqu’ils sont produits en excès et sur une période prolongée.

Les principaux acteurs de cette inflammation persistante sont :

  • Les macrophages résidents des tissus adipeux, hépatiques et intestinaux, qui sécrètent des cytokines pro-inflammatoires.
  • L’activation chronique du système immunitaire inné, notamment via les récepteurs Toll-like (TLR), qui détectent des signaux de danger provenant de pathogènes, mais aussi de l’environnement (polluants, excès de nutriments).
  • Le stress oxydant, qui entretient un cercle vicieux en générant des radicaux libres favorisant les dommages cellulaires et la libération de médiateurs inflammatoires.

Facteurs favorisant l’inflammation de bas grade

Plusieurs facteurs contribuent au maintien de cet état inflammatoire chronique :

1. L’alimentation déséquilibrée

  • Excès de sucres raffinés et de graisses saturées : ils stimulent la production de cytokines inflammatoires via l’activation de la voie NF-κB.
  • Carence en fibres et en polyphénols : ces nutriments jouent un rôle clé dans la modulation du microbiote intestinal et la régulation de l’inflammation systémique.
  • Déséquilibre oméga-6/oméga-3 : un apport excessif en acides gras oméga-6 (huiles raffinées d’arachide, de maïs ou de tournesol, produits ultra-transformés) favorise la production de prostaglandines pro-inflammatoires.

2. La dysbiose intestinale

Le microbiote intestinal joue un rôle clé dans la régulation immunitaire. Une altération de sa composition, appelée dysbiose, induit une perméabilité intestinale accrue, favorisant le passage de toxines bactériennes (LPS – lipopolysaccharides) dans la circulation sanguine, ce qui active la réponse inflammatoire.

3. Le surpoids et l’obésité

Le tissu adipeux viscéral, en excès, est un acteur central de l’inflammation de bas grade. Les adipocytes hypertrophiés sécrètent des adipokines pro-inflammatoires, notamment la leptine et la résistine, tandis que la sécrétion d’adiponectine, une molécule anti-inflammatoire, est réduite.

4. Le stress chronique

Le stress active l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien et induit une sécrétion excessive de cortisol. À long terme, cette dérégulation entraîne une résistance au cortisol et une augmentation des médiateurs inflammatoires.

5. Le manque d’activité physique

L’inactivité favorise une faible circulation des cytokines anti-inflammatoires produites par les muscles (myokines), contribuant à l’installation d’un état pro-inflammatoire.

6. L’exposition aux polluants environnementaux

Les perturbateurs endocriniens, les pesticides et les microparticules de pollution favorisent l’activation chronique du système immunitaire, ce qui entraîne une inflammation persistante.

Conséquences sur la santé

L’inflammation de bas grade est impliquée dans de nombreuses pathologies modernes :

  • Maladies métaboliques : résistance à l’insuline, diabète de type 2, syndrome métabolique.
  • Maladies cardiovasculaires : athérosclérose, hypertension, augmentation du risque d’infarctus.
  • Maladies neurodégénératives : Alzheimer, Parkinson, dépression (l’inflammation favorise la neuro-inflammation et perturbe la neurogenèse).
  • Maladies auto-immunes : polyarthrite rhumatoïde, lupus, sclérose en plaques.
  • Vieillissement accéléré : l’inflammation chronique est un facteur majeur du phénomène d’inflammaging, associé au vieillissement prématuré des cellules et des tissus.

Stratégie thérapeutique

L’inflammation de bas grade est donc un phénomène silencieux mais omniprésent, influencé par notre mode de vie et notre alimentation. Si elle passe souvent inaperçue, elle joue un rôle majeur dans le développement des maladies chroniques modernes. A ce titre, elle mérite d’être mise en évidence et traitée !

Une anamnèse complète, un bilan sanguin ou une impédancemétrie permettront de poser un diagnostic. Une approche thérapeutique globale intégrant une alimentation équilibrée, une éventuelle correction par la prise de compléments adaptés, une activité physique régulière et une bonne gestion du stress est indispensable pour atténuer cet état inflammatoire et préserver la santé sur le long terme.

Willy VANDENSCHRICK, D.O.

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